Face à un niveau d’endettement public jugé préoccupant, la France pourrait devoir s’orienter vers une hausse de la fiscalité. Telle est l’analyse qu’avance Guillaume Hannezo, banquier d’affaires et ancien haut fonctionnaire à Bercy, qui plaide pour une prise de conscience collective à l’heure où la soutenabilité de la dette nationale est plus que jamais sous surveillance.\n\nDans un contexte marqué par l’alourdissement progressif de la dette publique – qui flirte aujourd’hui avec les 3 100 milliards d’euros, soit près de 110% du produit intérieur brut – l’État français fait face à une marge de manœuvre budgétaire toujours plus limitée. Les effets conjugués du ralentissement de la croissance, de la remontée des taux d’intérêt et des engagements de dépenses – notamment en matière sociale et de transition écologique – rendent la trajectoire des finances publiques délicate à piloter.\n\nPour Guillaume Hannezo, il devient donc inévitable d’envisager une augmentation de la pression fiscale, tant la recherche d’alternatives pour réduire la dette s’avère ardue. « Les Français doivent se préparer à être taxés davantage », indique-t-il sans détour, soulignant le manque de leviers crédibles pour contenir le déficit par des baisses de dépenses publiques. Dans cette perspective, il s’agit pour lui de sortir d’un certain déni collectif et d’ouvrir un débat transparent sur les options véritablement disponibles.\n\nL’ancien conseiller économique estime par ailleurs que la France ne pourra compter indéfiniment sur le dynamisme de sa croissance pour alléger le poids de sa dette. La conjoncture européenne, marquée par des incertitudes géopolitiques et des tensions sur les marchés financiers, limite la capacité du pays à relancer son activité sans réformes structurelles majeures. « Il n’y aura pas de miracle », prévient Guillaume Hannezo, insistant sur l’urgence de rééquilibrer dès à présent le budget de la nation pour éviter que la charge de la dette n’étouffe les marges d’action politiques.\n\nLa solution fiscale évoquée par l’économiste s’accompagnerait, selon lui, d’une nécessaire pédagogie à mener auprès de la population. « Il faut expliquer, sans fausse promesse, que la gestion d’une telle dette implique des efforts partagés », ajoute Guillaume Hannezo, qui plaide pour une fiscalité plus juste et mieux ciblée, notamment sur les héritages et le patrimoine. Il suggère également de repenser certains dispositifs dérogatoires et niches fiscales, dont l’efficacité économique a souvent été remise en cause par les rapports publics.\n\nSi le sujet demeure sensible, l’ancien haut fonctionnaire insiste sur la responsabilité collective des décideurs et de l’opinion publique pour enrayer la dérive du déficit. « La stabilisation de la dette suppose de dépasser les logiques partisanes et d’assumer le coût de la préservation du modèle social », affirme-t-il.\n\nÀ l’heure où la Commission européenne presse Paris d’engager des réformes de fond et alors que la question du consentement à l’impôt se révèle explosive, Guillaume Hannezo trace une voie exigeante mais, selon lui, indispensable pour garantir la viabilité des finances publiques à long terme. Reste à savoir si ce discours trouvera un écho parmi les responsables politiques et au sein de la population française, traditionnellement attachée à ses acquis économiques et sociaux.
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Vers une pression fiscale accrue : la solution de Guillaume Hannezo pour endiguer la dette française
13 janvier 2026

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